Le vent de février a balayé les dernières feuilles sèches autour de mes ruches – des boîtes muettes où la vie, jadis si dense, s’est éteinte presque sans bruit.
Sur 140 colonies*, 24 seulement ont survécu. Quatre ruches sur cinq ont disparu.
J’ai créé mon rucher en 2012.
Depuis, j’ai progressivement divisé mes ruches pour augmenter mon cheptel. En 2016, j’ai réussi à presque doubler ma production de miel après avoir doublé mon nombre de ruches. En 2017, j’ai donc beaucoup prospecté afin de créer un maillage de points de vente dans toute la Dordogne.
Mon but est de proposer à mes clients toute une gamme de miels produits par mes abeilles et récoltés par mes soins en Périgord.
Une saison apicole 2017 marquée par les aléas climatiques
Pour mes abeilles et pour moi, l’année 2017 a été une année particulièrement difficile.
Le mois de mars très ensoleillé permettait d’espérer une belle saison apicole. Les pluies et les gelées d’avril ont impacté de nombreuses miellées* printanières.
Les mauvaises conditions climatiques qui ont perduré sur la floraison des acacias et des tilleuls ont limité la sécrétion de nectar et le butinage des abeilles.
Du 15 mai au 15 juin, comme l’année précédente, l’absence de nourriture a contraint les abeilles à consommer ce qu’elles avaient pu engranger précédemment et à subir une période de disette*.
Un affaiblissement progressif des colonies
Afin de rationner les réserves de nourriture, les reines ont naturellement diminué leur ponte et favorisé l’essaimage*.
S’en est suivi un affaiblissement progressif de la population d’abeilles.
Du 15 juin jusqu’au 25 juillet, de nouvelles sources de nourriture, comme le nectar de châtaignier et de ronce, ont permis aux colonies de se développer, de refaire leurs stocks de provisions et de remplir les hausses de miel.
La production de miellat a en revanche été inexistante.
À l’entrée de l’automne, la population des colonies était très faible.
J’ai nourri mes abeilles au maximum afin de leur garantir suffisamment de réserves pour passer l’hiver.
Trop affaiblies, elles ont été assiégées et détruites par les frelons asiatiques*, malgré le piégeage et la destruction des nids découverts.
Un hiver fatal pour des colonies trop fragilisées
Pour résister au froid, les abeilles ont besoin d’un milieu sain et de suffisamment de nourriture, ce qui était le cas.
Mais il faut aussi que les populations soient suffisantes.
Quand il fait froid, les abeilles se regroupent en grappes pour résister grâce à la chaleur que dégage la colonie.
Mais cet hiver, mes ruches n’étaient pas suffisamment populeuses pour résister aux successives périodes de gel.
D’un cheptel de base de 140 ruches, je finis l’hiver avec seulement 24 ruches vivantes.
C’est-à-dire que 83 % de mes ruches sont mortes suite à un effondrement progressif de leur population.
C’est pour moi, à tous points de vue, une situation triste et alarmante.
De nombreux apiculteurs amateurs ou professionnels sont dans la même situation.
Aujourd’hui, je tente d’analyser l’ensemble des facteurs qui m’ont conduit à cette situation et cherche déjà des solutions pour que mes abeilles ne subissent plus jamais cela.
Je veux être avant tout un berger hors pair pour mes abeilles.
Se relever et reconstruire au printemps 2018
Au printemps 2018, pour la première fois, je vais acheter de nombreuses colonies d’abeilles et des reines afin de reconstituer mon cheptel avant début juin.
Si la météo et tous les autres facteurs sont enfin de notre côté, je pourrai peut-être sauver ma saison 2018 et garantir à mes abeilles un hivernage paisible dans de bonnes conditions.
J’espère également garantir à mes clients et à toutes les personnes qui nous soutiennent une production abondante de miel de qualité du Périgord.
Définitions – comprendre les termes clés de l’article
Les termes marqués d’un astérisque dans l’article sont expliqués ci-dessous.*
Colonie*
Ensemble organisé d’abeilles vivant dans une ruche, composé d’une reine, d’ouvrières et, selon la saison, de mâles.
Miellée*
Période durant laquelle les abeilles récoltent activement nectar ou miellat en grande quantité.
Disette*
Période de pénurie de nectar et de pollen pouvant affaiblir fortement les colonies.
Essaimage*
Processus naturel par lequel une colonie se divise, entraînant le départ d’un essaim avec une reine.
Frelon asiatique*
Insecte prédateur des abeilles représentant une menace importante pour les colonies, notamment à l’entrée des ruches.
👉 Retrouvez l’ensemble des termes expliqués dans notre glossaire de l’apiculture
Le Rucher du Marandou, c’est avant tout une aventure humaine autour du miel et des abeilles.
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