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🌿 Apiculture & BIODIVERSITE

Aethina tumida :

le petit coléoptère des ruches qui menace les abeilles

Détecté récemment en Italie continentale, Aethina tumida est l’un des parasites les plus redoutés des colonies d’abeilles. Découvrez son mode de propagation, les dégâts qu’il provoque et pourquoi les apiculteurs français restent particulièrement vigilants.
Illustration d'Aethina tumida, le petit coléoptère des ruches, avec ses larves dans un rayon de miel.
La santé des abeilles est aujourd’hui confrontée à de nombreux défis : parasites, maladies, frelon asiatique, changements climatiques… Parmi ces menaces figure Aethina tumida, plus connu sous le nom de petit coléoptère des ruches.
Originaire d’Afrique subsaharienne, ce ravageur s’est progressivement propagé dans plusieurs régions du monde. S’il est installé depuis plusieurs années en Calabre et en Sicile, l’actualité récente rappelle qu’il continue de progresser : début juin 2026, un nouveau foyer a été découvert dans la région du Latium, à une centaine de kilomètres au sud de Rome, à la suite d’un mouvement illégal de ruches.

À ce jour, la France métropolitaine demeure indemne, mais cette nouvelle détection souligne l’importance d’une surveillance constante de la part des apiculteurs et des autorités sanitaires.

Dans cet article, nous vous expliquons ce qu’est Aethina tumida, pourquoi il représente un danger pour les colonies d’abeilles et comment chacun peut contribuer à limiter son introduction.

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Qu’est-ce qu’Aethina tumida ?

Aethina tumida est un petit coléoptère appartenant à la famille des Nitidulidae.

L’adulte mesure entre 5 et 7 mm de long et présente une couleur brun foncé à noire. Malgré sa petite taille, il est capable de provoquer d’importants dégâts lorsqu’il s’installe dans une colonie.

Les femelles pondent leurs œufs directement à l’intérieur de la ruche, dans les fissures du bois ou entre les rayons de cire. Quelques jours plus tard, les larves éclosent et commencent à se nourrir des ressources de la colonie.

Contrairement au varroa, qui parasite directement les abeilles, Aethina tumida s’attaque principalement aux réserves alimentaires, au couvain et aux rayons, mettant rapidement toute la colonie en difficulté.

Abeille domestique à côté d'un Aethina tumida, le petit coléoptère des ruches, sur un rayon de cire.
À gauche, une abeille domestique (Apis mellifera). À droite, un adulte d’Aethina tumida, également appelé « petit coléoptère des ruches ». Malgré sa taille modeste (5 à 7 mm), ce ravageur peut provoquer d’importants dégâts en s’attaquant au couvain, aux réserves alimentaires et aux rayons de cire. Comparer les deux insectes permet de mieux apprécier la difficulté à repérer ce parasite lors des inspections des colonies.

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Pourquoi ce coléoptère est-il si dangereux ?

Le véritable danger ne provient pas tant des adultes que des larves, particulièrement voraces.

Elles consomment :

  • le miel ;
  • le pollen ;
  • le pain d’abeilles ;
  • les larves d’abeilles ;
  • les rayons de cire.

En se déplaçant dans les cadres, elles creusent de nombreuses galeries qui détruisent progressivement la structure des rayons.

Le miel souillé par leurs déjections commence alors à fermenter. Il devient mousseux, dégage une odeur caractéristique de fermentation et devient impropre à la consommation.

Lorsque l’infestation est importante, les abeilles finissent parfois par abandonner complètement leur ruche.

Le petit coléoptère des ruches est souvent cité aux côtés du varroa et de la fausse teigne. Pourtant, ces trois ravageurs n’agissent pas de la même manière et ne provoquent pas les mêmes dégâts. Voici un tableau comparatif pour mieux comprendre leurs différences et apprendre à les reconnaître.

Critère🐞 Aethina tumida
Petit coléoptère des ruches
🕷️ Varroa destructor🦋 Fausse teigne
Type de ravageurColéoptèreAcarien parasitePapillon (larves)
Taille5 à 7 mm1 à 2 mmLarves jusqu’à 30 mm
OrigineAfrique subsaharienneAsiePrésente naturellement en Europe
Présence en France métropolitaine❌ Absent✅ Présent sur la quasi-totalité des ruchers✅ Présente
Ce qui est attaquéMiel, pollen, couvain, rayonsAbeilles adultes et couvainRayons de cire, cadres, réserves
Principal dangerDestruction des réserves et fermentation du mielAffaiblissement des abeilles et transmission de virusDégradation des rayons, surtout dans les colonies faibles ou les cadres stockés
Stade le plus destructeurLarveFemelle adulteLarve
PropagationVol des adultes et déplacements de coloniesContact entre abeilles, dérive, essaimage, échanges de coloniesPapillons adultes pondant dans les ruches ou les cires stockées
Conséquences sur la coloniePeut conduire à l’abandon complet de la ruchePeut provoquer l’effondrement de la colonie sans traitementAffaiblit les colonies déjà fragiles et détruit les rayons
Traitement ou préventionSurveillance sanitaire et destruction des foyersTraitements acaricides, méthodes biotechniques, suivi régulierMaintenir des colonies fortes, bonne hygiène, stockage adapté des cadres
Réglementation🚨 Danger sanitaire réglementé, déclaration obligatoireSurveillance permanente et lutte indispensableGestion apicole courante
Niveau de menace pour l’apiculture française⭐⭐⭐⭐⭐ Très élevé en cas d’introduction⭐⭐⭐⭐⭐ Majeur⭐⭐⭐ Modéré

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Le cycle de vie d’Aethina tumida

Le cycle biologique du petit coléoptère explique pourquoi il est particulièrement difficile à éradiquer lorsqu’il s’installe.

1. Les adultes pénètrent dans la ruche

Les coléoptères adultes recherchent des colonies d’abeilles afin d’y pondre leurs œufs.

2. Les femelles pondent leurs œufs

Les œufs sont déposés dans les fissures des cadres ou du bois afin d’échapper au nettoyage réalisé par les abeilles.

3. Les larves se développent

Après quelques jours, les larves émergent et commencent immédiatement à se nourrir du contenu de la ruche.

C’est à ce stade que les dégâts deviennent les plus importants.

4. Les larves quittent la ruche

Une fois leur développement terminé, elles quittent la colonie et s’enfouissent dans le sol, à proximité de la ruche.

5. La métamorphose

La nymphose se déroule dans le sol avant l’apparition de nouveaux adultes capables de voler vers d’autres colonies.

Ce cycle favorise une propagation rapide lorsqu’aucune mesure de lutte n’est mise en place.

Infographie illustrant le cycle de vie d'Aethina tumida, depuis les œufs jusqu'au coléoptère adulte.

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Quels sont les symptômes d’une infestation ?

Plusieurs signes peuvent alerter un apiculteur :

  • présence de petits coléoptères adultes dans la ruche ;
  • larves blanchâtres d’environ un centimètre ;
  • galeries dans les rayons ;
  • miel qui coule anormalement ;
  • odeur de fermentation ;
  • agitation inhabituelle des abeilles ;
  • affaiblissement rapide de la colonie.

Une détection précoce augmente fortement les chances de limiter la propagation.

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Où Aethina tumida est-il présent aujourd’hui ?

Originaire d’Afrique, le petit coléoptère s’est progressivement installé dans plusieurs régions du monde.

En Europe, il est principalement présent :

  • en Calabre ;
  • en Sicile.

En juin 2026, un foyer a également été détecté dans la région du Latium, en Italie centrale, à environ 100 kilomètres au sud de Rome, conséquence d’un mouvement illégal de ruches.

En France métropolitaine, aucun foyer n’a été détecté à ce jour.

En revanche, le parasite est présent sur l’île de La Réunion, où une surveillance spécifique est également assurée.

Pourquoi le foyer détecté près de Rome est-il important ?

Cette découverte marque un tournant.

Jusqu’à présent, les foyers italiens étaient essentiellement concentrés dans le sud du pays.

Le foyer découvert dans le Latium démontre que les déplacements illégaux de colonies peuvent permettre au parasite de franchir plusieurs centaines de kilomètres.

Heureusement, les autorités italiennes sont intervenues immédiatement.

La colonie infestée a été détruite, les autres ruches du lot ont été incinérées et une zone réglementée a été instaurée afin d’éviter toute propagation.

Ce type de réaction rapide constitue aujourd’hui le meilleur moyen d’empêcher l’installation durable du parasite.

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Comment protéger son rucher ?

La prévention reste l’arme la plus efficace.

Quelques bonnes pratiques permettent de réduire considérablement les risques :

✔️ inspecter régulièrement ses colonies ;

✔️ rester attentif à tout comportement inhabituel ;

✔️ acheter uniquement des abeilles, essaims ou reines provenant de filières officielles ;

✔️ éviter tout matériel d’origine inconnue ;

✔️ respecter la réglementation sur les mouvements de colonies ;

✔️ signaler immédiatement toute suspicion aux services compétents.

La Plateforme ESA rappelle également que les équipements apicoles ainsi que le miel en rayon peuvent constituer des voies d’introduction lorsqu’ils proviennent de zones infestées.

Que faire en cas de suspicion ?

Face à un doute, il est essentiel de ne pas déplacer les ruches concernées.

L’apiculteur doit rapidement contacter les services vétérinaires compétents ou le Groupement de Défense Sanitaire (GDS) de son département afin qu’un diagnostic officiel puisse être réalisé.

Une déclaration rapide permet de protéger les ruchers voisins et de limiter les conséquences pour l’ensemble de la filière.

Aujourd’hui, il n’y a pas lieu de céder à l’inquiétude.

La France métropolitaine reste indemne d’Aethina tumida et les mouvements officiels de colonies font l’objet d’un contrôle sanitaire strict.

En revanche, la découverte récente d’un foyer en Italie rappelle que la vigilance doit rester permanente. Les échanges illégaux d’abeilles constituent l’un des principaux risques de diffusion de ce parasite.

Comme souvent en matière de santé animale, la prévention demeure la meilleure protection.

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Pour conclure

L’histoire d’Aethina tumida illustre parfaitement les défis auxquels l’apiculture est aujourd’hui confrontée. Dans un monde où les échanges internationaux se multiplient, un parasite peut parcourir des centaines de kilomètres en quelques jours et remettre en question l’équilibre sanitaire de régions jusqu’alors préservées.

Cette réalité rappelle que le métier d’apiculteur ne se limite pas à produire du miel. Il implique également une veille permanente, une connaissance approfondie des risques sanitaires et une capacité à s’adapter aux nouvelles menaces qui pèsent sur les colonies.

Au Rucher du Marandou, nous suivons avec attention l’évolution de ces enjeux afin de continuer à pratiquer une apiculture responsable, respectueuse des abeilles et de leur environnement. Nous continuerons à partager sur ce blog les informations essentielles concernant la santé des colonies, les bonnes pratiques apicoles et les évolutions qui concernent la filière.

Parce que mieux comprendre les abeilles, c’est aussi mieux les protéger.

FAQ : Tout comprendre sur Aethina tumida

Aethina tumida représente-t-il un danger pour l'homme ?

Non. Aethina tumida ne pique pas, ne transmet pas de maladie à l’être humain et ne présente aucun danger pour les consommateurs de miel. Son impact concerne exclusivement les colonies d’abeilles et les produits de la ruche lorsqu’une infestation n’est pas maîtrisée.

Pourquoi Aethina tumida est-il considéré comme un danger sanitaire réglementé ?
Contrairement à d’autres ravageurs déjà présents en France, Aethina tumida est actuellement absent de la métropole. Son introduction pourrait avoir des conséquences importantes pour l’ensemble de la filière apicole. C’est pourquoi toute suspicion de présence doit être signalée aux autorités compétentes afin que des mesures de lutte puissent être rapidement mises en œuvre.
Les abeilles peuvent-elles se défendre seules contre Aethina tumida ?
Certaines colonies parviennent à limiter la prolifération des adultes grâce à leur comportement de nettoyage ou en les enfermant dans des espaces étroits avec de la propolis. Toutefois, ces défenses naturelles restent généralement insuffisantes lorsque le parasite se développe en grand nombre.
Les particuliers qui possèdent quelques ruches sont-ils concernés ?
Oui. Qu’il possède une ou plusieurs centaines de ruches, chaque apiculteur joue un rôle dans la surveillance sanitaire. Une détection précoce peut permettre d’éviter la propagation du parasite vers les ruchers voisins et de protéger l’ensemble de la filière.
Pourquoi les mouvements illégaux d'abeilles favorisent-ils la propagation du parasite ?
Le déplacement de colonies sans contrôle sanitaire peut transporter des parasites sur de longues distances sans qu’ils soient détectés. Les réglementations encadrant les échanges d’abeilles existent précisément pour limiter ce risque et préserver les zones encore indemnes.
Une infestation peut-elle passer inaperçue au début ?
Oui. Les premiers adultes sont discrets et peuvent facilement se cacher dans les recoins de la ruche. Les signes visibles apparaissent souvent lorsque les larves sont déjà nombreuses. C’est pourquoi les inspections régulières constituent le meilleur moyen d’identifier rapidement une anomalie.
Existe-t-il un traitement curatif contre Aethina tumida ?
Dans les pays où le parasite est présent, différentes méthodes de lutte peuvent être utilisées, mais aucune ne garantit une élimination totale du ravageur. En France, la stratégie repose avant tout sur la prévention, la surveillance et l’éradication rapide d’un éventuel foyer afin d’empêcher son installation durable.
Pourquoi parle-t-on autant d'Aethina tumida alors que le varroa est déjà un problème majeur ?

Le varroa est aujourd’hui le principal parasite des abeilles en France et les apiculteurs disposent de protocoles de lutte pour le contrôler. À l’inverse, Aethina tumida est encore absent de la métropole. L’enjeu est donc d’éviter son introduction afin de ne pas ajouter une nouvelle menace aux difficultés sanitaires déjà rencontrées par les colonies.

Les consommateurs doivent-ils s'inquiéter pour le miel français ?
Non. Les foyers d’Aethina tumida font l’objet d’une surveillance sanitaire stricte et la France métropolitaine est actuellement indemne de ce ravageur. Les consommateurs peuvent continuer à apprécier les miels français en toute confiance.
Où suivre l'actualité d'Aethina tumida ?

Les informations officielles sont publiées par les autorités sanitaires, les Groupements de Défense Sanitaire (GDS), la Plateforme ESA et les organismes spécialisés en santé animale. Au Rucher du Marandou, nous suivons également l’actualité apicole afin de partager les évolutions importantes concernant la santé des abeilles.

🐝 Le Rucher du Marandou, c’est avant tout une aventure humaine autour du miel et des abeilles. N’hésitez pas à partager vos expériences et à suivre le quotidien du rucher sur [Instagramet [Facebook].