Aethina tumida :
le petit coléoptère des ruches qui menace les abeilles
À ce jour, la France métropolitaine demeure indemne, mais cette nouvelle détection souligne l’importance d’une surveillance constante de la part des apiculteurs et des autorités sanitaires.
Dans cet article, nous vous expliquons ce qu’est Aethina tumida, pourquoi il représente un danger pour les colonies d’abeilles et comment chacun peut contribuer à limiter son introduction.
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Qu’est-ce qu’Aethina tumida ?
L’adulte mesure entre 5 et 7 mm de long et présente une couleur brun foncé à noire. Malgré sa petite taille, il est capable de provoquer d’importants dégâts lorsqu’il s’installe dans une colonie.
Les femelles pondent leurs œufs directement à l’intérieur de la ruche, dans les fissures du bois ou entre les rayons de cire. Quelques jours plus tard, les larves éclosent et commencent à se nourrir des ressources de la colonie.
Contrairement au varroa, qui parasite directement les abeilles, Aethina tumida s’attaque principalement aux réserves alimentaires, au couvain et aux rayons, mettant rapidement toute la colonie en difficulté.
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Pourquoi ce coléoptère est-il si dangereux ?
Le véritable danger ne provient pas tant des adultes que des larves, particulièrement voraces.
Elles consomment :
- le miel ;
- le pollen ;
- le pain d’abeilles ;
- les larves d’abeilles ;
- les rayons de cire.
En se déplaçant dans les cadres, elles creusent de nombreuses galeries qui détruisent progressivement la structure des rayons.
Le miel souillé par leurs déjections commence alors à fermenter. Il devient mousseux, dégage une odeur caractéristique de fermentation et devient impropre à la consommation.
Lorsque l’infestation est importante, les abeilles finissent parfois par abandonner complètement leur ruche.
Le petit coléoptère des ruches est souvent cité aux côtés du varroa et de la fausse teigne. Pourtant, ces trois ravageurs n’agissent pas de la même manière et ne provoquent pas les mêmes dégâts. Voici un tableau comparatif pour mieux comprendre leurs différences et apprendre à les reconnaître.
| Critère | 🐞 Aethina tumida Petit coléoptère des ruches | 🕷️ Varroa destructor | 🦋 Fausse teigne |
|---|---|---|---|
| Type de ravageur | Coléoptère | Acarien parasite | Papillon (larves) |
| Taille | 5 à 7 mm | 1 à 2 mm | Larves jusqu’à 30 mm |
| Origine | Afrique subsaharienne | Asie | Présente naturellement en Europe |
| Présence en France métropolitaine | ❌ Absent | ✅ Présent sur la quasi-totalité des ruchers | ✅ Présente |
| Ce qui est attaqué | Miel, pollen, couvain, rayons | Abeilles adultes et couvain | Rayons de cire, cadres, réserves |
| Principal danger | Destruction des réserves et fermentation du miel | Affaiblissement des abeilles et transmission de virus | Dégradation des rayons, surtout dans les colonies faibles ou les cadres stockés |
| Stade le plus destructeur | Larve | Femelle adulte | Larve |
| Propagation | Vol des adultes et déplacements de colonies | Contact entre abeilles, dérive, essaimage, échanges de colonies | Papillons adultes pondant dans les ruches ou les cires stockées |
| Conséquences sur la colonie | Peut conduire à l’abandon complet de la ruche | Peut provoquer l’effondrement de la colonie sans traitement | Affaiblit les colonies déjà fragiles et détruit les rayons |
| Traitement ou prévention | Surveillance sanitaire et destruction des foyers | Traitements acaricides, méthodes biotechniques, suivi régulier | Maintenir des colonies fortes, bonne hygiène, stockage adapté des cadres |
| Réglementation | 🚨 Danger sanitaire réglementé, déclaration obligatoire | Surveillance permanente et lutte indispensable | Gestion apicole courante |
| Niveau de menace pour l’apiculture française | ⭐⭐⭐⭐⭐ Très élevé en cas d’introduction | ⭐⭐⭐⭐⭐ Majeur | ⭐⭐⭐ Modéré |
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Le cycle de vie d’Aethina tumida
Le cycle biologique du petit coléoptère explique pourquoi il est particulièrement difficile à éradiquer lorsqu’il s’installe.
1. Les adultes pénètrent dans la ruche
Les coléoptères adultes recherchent des colonies d’abeilles afin d’y pondre leurs œufs.
2. Les femelles pondent leurs œufs
Les œufs sont déposés dans les fissures des cadres ou du bois afin d’échapper au nettoyage réalisé par les abeilles.
3. Les larves se développent
Après quelques jours, les larves émergent et commencent immédiatement à se nourrir du contenu de la ruche.
C’est à ce stade que les dégâts deviennent les plus importants.
4. Les larves quittent la ruche
Une fois leur développement terminé, elles quittent la colonie et s’enfouissent dans le sol, à proximité de la ruche.
5. La métamorphose
La nymphose se déroule dans le sol avant l’apparition de nouveaux adultes capables de voler vers d’autres colonies.
Ce cycle favorise une propagation rapide lorsqu’aucune mesure de lutte n’est mise en place.
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Quels sont les symptômes d’une infestation ?
- présence de petits coléoptères adultes dans la ruche ;
- larves blanchâtres d’environ un centimètre ;
- galeries dans les rayons ;
- miel qui coule anormalement ;
- odeur de fermentation ;
- agitation inhabituelle des abeilles ;
- affaiblissement rapide de la colonie.
Une détection précoce augmente fortement les chances de limiter la propagation.
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Où Aethina tumida est-il présent aujourd’hui ?
En Europe, il est principalement présent :
- en Calabre ;
- en Sicile.
En juin 2026, un foyer a également été détecté dans la région du Latium, en Italie centrale, à environ 100 kilomètres au sud de Rome, conséquence d’un mouvement illégal de ruches.
En France métropolitaine, aucun foyer n’a été détecté à ce jour.
En revanche, le parasite est présent sur l’île de La Réunion, où une surveillance spécifique est également assurée.
Pourquoi le foyer détecté près de Rome est-il important ?
Jusqu’à présent, les foyers italiens étaient essentiellement concentrés dans le sud du pays.
Le foyer découvert dans le Latium démontre que les déplacements illégaux de colonies peuvent permettre au parasite de franchir plusieurs centaines de kilomètres.
Heureusement, les autorités italiennes sont intervenues immédiatement.
La colonie infestée a été détruite, les autres ruches du lot ont été incinérées et une zone réglementée a été instaurée afin d’éviter toute propagation.
Ce type de réaction rapide constitue aujourd’hui le meilleur moyen d’empêcher l’installation durable du parasite.
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Comment protéger son rucher ?
Quelques bonnes pratiques permettent de réduire considérablement les risques :
✔️ inspecter régulièrement ses colonies ;
✔️ rester attentif à tout comportement inhabituel ;
✔️ acheter uniquement des abeilles, essaims ou reines provenant de filières officielles ;
✔️ éviter tout matériel d’origine inconnue ;
✔️ respecter la réglementation sur les mouvements de colonies ;
✔️ signaler immédiatement toute suspicion aux services compétents.
La Plateforme ESA rappelle également que les équipements apicoles ainsi que le miel en rayon peuvent constituer des voies d’introduction lorsqu’ils proviennent de zones infestées.
Que faire en cas de suspicion ?
L’apiculteur doit rapidement contacter les services vétérinaires compétents ou le Groupement de Défense Sanitaire (GDS) de son département afin qu’un diagnostic officiel puisse être réalisé.
Une déclaration rapide permet de protéger les ruchers voisins et de limiter les conséquences pour l’ensemble de la filière.
La France métropolitaine reste indemne d’Aethina tumida et les mouvements officiels de colonies font l’objet d’un contrôle sanitaire strict.
En revanche, la découverte récente d’un foyer en Italie rappelle que la vigilance doit rester permanente. Les échanges illégaux d’abeilles constituent l’un des principaux risques de diffusion de ce parasite.
Comme souvent en matière de santé animale, la prévention demeure la meilleure protection.
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Pour conclure
L’histoire d’Aethina tumida illustre parfaitement les défis auxquels l’apiculture est aujourd’hui confrontée. Dans un monde où les échanges internationaux se multiplient, un parasite peut parcourir des centaines de kilomètres en quelques jours et remettre en question l’équilibre sanitaire de régions jusqu’alors préservées.
Cette réalité rappelle que le métier d’apiculteur ne se limite pas à produire du miel. Il implique également une veille permanente, une connaissance approfondie des risques sanitaires et une capacité à s’adapter aux nouvelles menaces qui pèsent sur les colonies.
Au Rucher du Marandou, nous suivons avec attention l’évolution de ces enjeux afin de continuer à pratiquer une apiculture responsable, respectueuse des abeilles et de leur environnement. Nous continuerons à partager sur ce blog les informations essentielles concernant la santé des colonies, les bonnes pratiques apicoles et les évolutions qui concernent la filière.
Parce que mieux comprendre les abeilles, c’est aussi mieux les protéger.
FAQ : Tout comprendre sur Aethina tumida
Aethina tumida représente-t-il un danger pour l'homme ?
Non. Aethina tumida ne pique pas, ne transmet pas de maladie à l’être humain et ne présente aucun danger pour les consommateurs de miel. Son impact concerne exclusivement les colonies d’abeilles et les produits de la ruche lorsqu’une infestation n’est pas maîtrisée.
Pourquoi Aethina tumida est-il considéré comme un danger sanitaire réglementé ?
Les abeilles peuvent-elles se défendre seules contre Aethina tumida ?
Les particuliers qui possèdent quelques ruches sont-ils concernés ?
Pourquoi les mouvements illégaux d'abeilles favorisent-ils la propagation du parasite ?
Une infestation peut-elle passer inaperçue au début ?
Existe-t-il un traitement curatif contre Aethina tumida ?
Pourquoi parle-t-on autant d'Aethina tumida alors que le varroa est déjà un problème majeur ?
Le varroa est aujourd’hui le principal parasite des abeilles en France et les apiculteurs disposent de protocoles de lutte pour le contrôler. À l’inverse, Aethina tumida est encore absent de la métropole. L’enjeu est donc d’éviter son introduction afin de ne pas ajouter une nouvelle menace aux difficultés sanitaires déjà rencontrées par les colonies.
Les consommateurs doivent-ils s'inquiéter pour le miel français ?
Où suivre l'actualité d'Aethina tumida ?
Les informations officielles sont publiées par les autorités sanitaires, les Groupements de Défense Sanitaire (GDS), la Plateforme ESA et les organismes spécialisés en santé animale. Au Rucher du Marandou, nous suivons également l’actualité apicole afin de partager les évolutions importantes concernant la santé des abeilles.











